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Nous n’irons plus au bois.

mercredi 10 janvier 2018

D’ici à fin janvier, 200 chasseurs de l’Oise assermentés par la gendarmerie pourront patrouiller dans les bois pour prêter main forte aux forces de l’ordre.
Le Parisien, 7 janvier 2018.

On savait déjà qu’en période de chasse il n’était guère conseillé de se promener sans tenue fluo et moins encore de se laisser griser par le charme du sous-bois et s’allonger sur l’herbe tendre comme cela s’est fait pendant des siècles dans ce pays avant qu’il soit en voie de « sécurisation » absolue. Faire cela était risqué à l’heure où le cow-boy hexagonal partait pour sa quête d’adrénaline. Demain, ça sera peut être un « délit » qui appellera une « réponse proportionnée » comme celle qui a mis fin à la vie de Rémi Fraisse.

« J’ai un suspect, chef. Il n’est pas en treillis et il prétend être venu cueillir des fleurs ! J’ai un couple, là, ils faisaient semblant de s’embrasser. Ça sent l’association de malfaiteurs. »

Ça promettrait une augmentation du taux des « bavures » qu’on n’en serait guère surpris. Parmi les bons citoyens qui aiment à faire valoir que « quand on n’a rien à se reprocher. On n’a rien à craindre » il s’en trouvera peut être qui auront à se reprocher d’avoir tout bonnement voulu se promener.

Mais tout cela est bien normal. La lutte contre le « terrorisme » et la « criminalité » le justifie. D’ailleurs on sait que, déjà, lièvres et renards aident les Zadistes de Notre-Dame des Landes à creuser des terriers pour servir de caches d’armes. Il n’y a donc pas à avoir de scrupules.

Ce n’est qu’un pas de plus vers la bunkerisation du monde. Mais c’est un grand pas pour l’Humanité.

Gédicus
10 janvier 2018.